Dakhla : la station de dessalement 100 % éolienne entre en phase finale, mise en service attendue à la mi-2026
Le chantier de la station de dessalement de Dakhla, entièrement alimentée par l’énergie éolienne, entre dans sa dernière ligne droite. Sa mise en service est attendue à la mi-2026.
Dakhla — 24 juillet 2026. Par la Rédaction
L’essentiel
- Quand. Travaux lancés en décembre 2022 ; mise en service attendue mi-2026.
- Où. À 130 km au nord de Dakhla, sur le littoral atlantique.
- Qui. Projet en partenariat public-privé (loi 86-12), Nouveau modèle de développement des provinces du Sud.
- Quoi. Station de dessalement alimentée à 100 % par l’énergie éolienne.
- 37 M m³/an d’eau produite (30 pour l’irrigation, 7 pour l’eau potable).
- 2,5 Mds DH d’investissement ; parc éolien d’environ 60 MW.
À 130 kilomètres au nord de Dakhla, le long du littoral atlantique, la future station de dessalement d’eau de mer approche de son achèvement. Selon Médias24, le chantier, lancé en décembre 2022, doit être finalisé en 2026, avec une mise en service attendue à la mi-année. Fait notable, l’installation est présentée comme la première du Royaume à être alimentée à 100 % par l’énergie éolienne.
Un projet à 2,5 milliards de dirhams
Doté d’une enveloppe de 2,5 milliards de dirhams, le projet s’inscrit dans le cadre du Nouveau modèle de développement des provinces du Sud et du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (PNAEPI 2020-2027). Il est réalisé sous la forme d’un partenariat public-privé, régi par la loi 86-12, qui associe l’opérateur privé à l’ensemble des phases, de la conception au financement, jusqu’à la réalisation et l’exploitation. Il s’agit, souligne Le360, de l’un des premiers projets marocains mis en œuvre selon ce modèle intégré.
37 millions de mètres cubes par an
Une fois opérationnelle, la station fournira 37 millions de mètres cubes d’eau par an, dont 30 millions destinés à l’irrigation et 7 millions à l’eau potable pour la ville de Dakhla et ses environs, indique l’expert hydraulicien Khalid Ghazzali dans une déclaration à la MAP. L’ouvrage vise à répondre au stress hydrique qui pèse sur la région et à réduire le recours aux eaux souterraines. Un réseau d’irrigation de 113 kilomètres, avec un débit d’un mètre cube par seconde, doit sécuriser l’approvisionnement d’un nouveau périmètre agricole d’environ 5 000 hectares.
« Le parc éolien adjacent, d’une capacité de près de 60 mégawatts, garantira une production énergétique renouvelable à même de soutenir le fonctionnement de la station. »
— Khalid Ghazzali, expert hydraulicien, cité par la MAP
Une alimentation entièrement renouvelable
La singularité du projet tient à son alimentation énergétique. Un parc éolien adjacent, d’une capacité d’environ 60 mégawatts, fournira l’électricité nécessaire au dessalement, faisant de l’installation, selon les données rapportées par la presse, l’une des premières au monde à coupler dessalement et énergie éolienne à cette échelle. Ce choix vise à réduire l’empreinte carbone d’un procédé habituellement énergivore et à maintenir un coût de l’eau accessible, l’État contribuant substantiellement au financement.
Un levier agricole et économique
Au-delà de la sécurisation de l’eau, le projet est présenté comme un levier de développement pour la région. Il doit soutenir l’expansion des cultures de primeurs et des productions à haute valeur ajoutée destinées à l’export. Selon Le360, le chantier devrait favoriser la création d’emplois et générer une valeur ajoutée significative, une partie des lots d’exploitation étant réservée aux jeunes de la région. Les autorités y voient un moyen de consolider la position de Dakhla comme pôle économique du Sud, en articulation avec les autres grands chantiers d’infrastructure de la province.
Un maillon d’une stratégie nationale de l’eau
La station de Dakhla s’insère dans un effort national plus large de mobilisation de ressources non conventionnelles. Le Maroc a fait du dessalement l’un des piliers de sa politique de l’eau face à la sécheresse, avec plusieurs stations en construction ou en extension à travers le pays. Le recours à l’énergie renouvelable pour alimenter ces installations est appelé, selon les orientations du PNAEPI, à se généraliser dans les prochaines années.
Sources
- Médias24, « Dessalement : en 2026, achèvement de la station de Dakhla et lancement de l’extension de celle de Chtouka », 13 novembre 2025.
- Le360, « Taux d’avancement, budget, capacité… Ce qu’il faut savoir sur la future station de dessalement de Dakhla », 24 août 2024.
- Le Matin, « Dakhla : la future station de dessalement fournira 37 millions de m³ d’eau par an », 5 septembre 2024.
- La Vie éco, « Dakhla, la station de dessalement achevée à 57 % ».
- MAP, déclarations de Khalid Ghazzali, expert hydraulicien, sur les capacités de la station.
- Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (PNAEPI 2020-2027).


